Tommy and Mary, le busking cool

Lors d’un voyage à Londres, sur Oxford Street, je suis tombée (oui, avec Byrtin) sur ce groupe qui joue dans la rue. Tommy and Mary, chanteur/guitariste et batteuse au son rock et puissant. Ils dégageaient une telle énergie que je n’ai pu m’empêcher de les prendre en photo puis de leur poser quelques questions par internet à mon retour. Voilà ce qu’il en est ressorti…

Quand avez-vous commencé à jouer de la musique ? Dans quelles circonstances ?

Mary: Je jouais du piano quand j’avais 9 ans, mais après quelques années j’ai commencé à m’ennuyer et ai décidé de commencer à jouer de la batterie à la place J’avais un cours par semaine pendant environ 2 ans et c’était très cool mais après j’ai dû arrêter pour me concentrer sur mes examens. J’ai recommencé la batterie quand j’avais environ 20 ans parce que l’excitation de jouer d’un instrument  me manquait et que je me sentais comme si quelque chose de très important manquait à ma vie. C’est pour ça que je continue à jouer.

Tommy : J’avais 17 ans et je trainais et dansais chaque vendredi soir au Black Sheep Bar à Coydon. C’est là que j’ai rencontré un mec très sympa, qu
i est toujours un ami très cher : Jarvis.  On se rencontrait toujours aux mêmes endroits autour de Londres et nous aimons touDSC_0455.JPGs les deux le même genre de musique. Un jour, il m’a demandé si j’étais intéressé par l’idée de fonder un groupe de rock. On s’appelait les « broken tapes ». Après que le groupe se soit séparé, j’ai toujours voulu continuer parce que j’adore chanter et jouer. J’ai donc décidé d’apprendre à jouer de la guitare par moi-même et j’ai développé ces aptitudes lors des 8 dernières années.

Quand et comment vous êtes-vous rencontrés ? Quand avez-vous commencé à jouer ensemble et dans la rue ?

Ils se sont rencontrés à Brixton et ont commencé à parler par hasard en rentrant chez nous. Le vélo de Mary était très vieux mais Tommy avait besoin d’un semblable pour se déplacer. Ils ont donc commencé à parler de leurs passions et ont réalisé qu’ils aimaient tous deux la musique. Tommy était dans un groupe nommé « dogs eat shoes » mais ils avaient besoin d’un batteur et donc Mary, qui n’avait pas joué depuis longtemps mais avait l’envie a décidé qu’elle prendrait son offre au sérieux et a ainsi commencé à jouer dans le groupe. Après la séparation des « dogs eat shoes », ils ont continué leur chemin ensemble en se faisant la promesse de ne jouer qu’avec l’autre. Après s’être rendu compte qu’ils avaient besoin de plus de temps pour se concentrer sur leur passion pour la musique, ils ont quitté leur métier, risquant ainsi la sécurité de leur salaire dans la vente pour se produire dans la rue tous les jours.DSC_0457.JPG

Pourquoi aimez-vous jouer dans la rue? En quoi le contact avec le public est-il différent ?

Jouer dans la rue nous offre la chance de répêter devant un public et de voir quelles chansons marchent le mieux et celles qui ne vont pas. Le public est toujours différent et contrairement à un public stable dans une salle il faut plus d’énergie pour les maintenir. Mais l’énergie est différente partout et change aussi en fonction de l’heure. Donc tout change réellement. Le concert n’est jamais le même.

Quand je vous ai vus jouer vous vous êtes fait arrêter par la police. Est-ce que cela arrive souvent ?

Heureusement, la foule nous encourage toujours dans notre travail, tout du moins celle qui nous importe ! Cependant, le Westminster council et la plupart des magasins sont vraiment contre le volume avec lequel nous nous exprimons. Malgré notre expérience dans DSC_0465.JPGla performance de rue l’année dernière, on reçoit toujours des plaintes des magasins et on est toujours arrêtés même si on a raccourci notre set à 20 minutes pour respecter les alentours (par exemple les magasins, les résidents et malgré leur comportement systématiquement agressif, le Westminster council). Nous avons été bannis d’Oxford Street Noël dernier et le council a aussi fait en sorte d’annuler tous nos concerts réservés à la «Winter Wonderland » sans compromis et ce à cause du niveau auquel nous jouons. Donc ça a été une super opportunité de perdue et aussi 1.500 £ pour nous, ce qui aurait été génial pour les cadeaux de Noël.

Avez-vous rencontré de belles personnes pendant vos performances? Est-ce que vous avez d’autres artistes à nous conseiller ?

Oui ! Nous avons rencontré des
artistes stupéfiants et inspirants mais aussi des performers, ce qui rend toujours notre journée plus plaisante et  gratifiante. Robin Ward, The Hod, Miguel Montalban, Maverick and Malachi, Twice, Swavik (beatboxer), Funkyal Ashton.

On dirait que beaucoup de personnes vous recherchent sur internet. Pensez-vous que c’est parce que vous les rendez heureux ?

Je pense qu’on fait de notre mieux pour que les gens apprécient le temps passé avec nous. Mary a l’air de souvent inspirer les batteurs et les femmes qui veulent commencer à jouer de la batterie. Tommy, lui, a l’air de faire sourire les gens qui ont une mauvaise passe au travail avec des chansons comme « I don’t need a crap job » (je n’ai pas besoin d’un boulot de merde) et « My manager is a prick » (mon supérieur est un connard). Donc j’espère que oui, c’est le but

Vous décrivez votre style comme “indy/rock/punk”, ce qui sont des sonorités plutôt aggressives, alors que sur scène vous donnez une énerchie très entrainante et positive. Trouvez-vous cela contradictoire ?

Non, je pense que quand on a commencé à jouer,on voulait vraiment se donner une étiquette à laquelle les gens pourraient s’identifier ou même peut-être comprendre. Mais je pense comme notre manager, Steve Blacknell, nous l’as expliqué, notre style est plus punk ou même juste rock ! Mary pense qu’on sonne un peu comme du hip hop ou du gothic metal.

Quelles sont vos inspirations ? Est-ce que vos chansons parlent souvent de vos expériences ? Comment écrivez-vous ?

On peut citer Blink 182, The Clash, les sex pistols, les Ramones et plein d’autres groupes de rock. Mais nous écrivons seulement à propos de nos propres expériences, ce qui permet au public de s’identifier et de comprendre facilement.

Vous avez déjà travaillé sur deux albums : « Together we love » et « Smoke break ». Que représentent-ils pour vous ? Les avez-vous écrit différemment ?

« Togeher we love » est notre premier album. Les chansons qu’il contient sont sur les expériences passées de Tommy et surtout les peines de cœur, la sensation d’être trahi mais rester fort. Nous avons enregistré tout l’album dans notre chambre sur un Iphone 4 et Tommy a mixé et pasterisé les titres lui-même.

Notre nouvel album, « Smoke break » est plus une collaboration car Tommy savait que Mary voulait son individualité dans la composition (à la batterie). Ces chansons se fondent sur leurs expériences dans la vente mais permettent aussi à d’autres personnes de s’y identifier : l’opinion qu’ils ont de leur temps, le fait de ne pas être reconnu pour leur dure éthique de travail dans un monde conventionnel sous-payé.

Merci beaucoup à Tommy et à Mary pour leurs réponses. Vous pouvez acheter leur nouvel album « Smoke break »ici.

Georgette

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